Comment j’ai raté mon confinement.

Comment j'ai raté mon confinement

Passer au digital, créer une nouvelle offre, trouver de nouveaux clients, ranger l’abri de jardin, faire mon pain moi-même, faire du sport, lire plus souvent… Ce sont les objectifs que je m’étais fixés pour cette période de confinement.

Résultat : zéro

Résultat de tout cela : zéro. Aucun objectif atteint.
Par contre, niveau de stress ressenti : gigantesque. Ainsi que la pression que je me suis mise. Car j’ai passé les premières semaines de confinement à me dire que je devais à tout prix « rentabiliser » cette période. Qu’en aucun cas, je ne pouvais la regarder passer sans rien en faire. Sinon, forcément, ma société allait s’écrouler. Et moi avec.

Il m’a fallu quelques temps pour décortiquer ces noeuds, faire le tri entre stress positif et anxiété paralysante, entre injonctions extérieures et envies profondes.
Avec le recul, voici les enseignements que j’en tire.

La peur, bonne conseillère

J’ai vécu les premiers jours du confinement dans la peur. Peur de perdre cette société que j’ai mis quelques années à construire, peur de ne pas m’en sortir financièrement. Peur de ne pas être à la hauteur des nouvelles attentes de mes clients, peur de ne pas savoir m’adapter. Peur pour notre santé, aussi.
Et puis, a force d’alterner prises de tête et réflexions jusqu’à pas d’heure, la machine s’est mise en route. Et j’ai gardé en tête une phrase toute simple : une action, une seule, peut déclencher tout le processus. Faire. Un petit pas, aussi minuscule semble-t-il.
Et j’ai donc fait beaucoup de choses. Mais le plus important est que je me suis mise en action.

Ne pas être paralysée par la peur a été pour moi la première victoire. De même, elle m’a permis d’y aller prudemment, de ne pas me précipiter dans les traces de ceux qui allaient plus vite que moi. Surtout, cette émotion m’a rappelé un besoin essentiel : celui de se sentir en sécurité. Je me suis donc attelée à y répondre, en allant chercher une sécurité financière, relative mais ayant le mérite de me rassurer.

Faire semblant de contrôler

Les premières semaines, j’ai donc fait beaucoup de choses. Suivre des formations en ligne, prendre des contacts, être utile de toutes les façons auxquelles je pouvais penser, communiquer sur les réseaux sociaux, mettre à jour notre site internet, etc.
Faire m’a donné l’illusion d’avoir repris le contrôle, de gérer, d’être en action.

Cela m’a surtout remis la tête dans le guidon. J’ai repris le rythme que j’avais avant que le confinement ne se produise. J’ai fermé les yeux en me disant que ça allait passer, qu’il suffisait de continuer à faire. Et surtout, cette sensation persistante de devoir rentabiliser ce temps. De ne surtout pas m’arrêter. Et cette culpabilité persistance au moindre temps mort, au moindre réveil tardif.

Savoir s’arrêter

Et puis la machine s’est emballée, a surchauffé. Passant de projets en formations, de nouveaux business model en nouvelles méthodes de travail, je me suis épuisée.
Et un vendredi, je me suis arrêtée. Pas parce que je le voulais, mais parce qu’une âme bienveillante, vivant avec moi 24h/24, me l’a imposé.
Durant quatre jours, j’ai arrêté la machine. Pas grand chose, mais c’était suffisant pour faire le constat nécessaire.

J’ai réalisé que la machine, c’était moi. Que je ne pouvais pas demander à mon corps et à mon esprit de produire sans cesse, sans même penser à l’alimenter. Que le repos fait partie de l’effort.

La culpabilité de s’arrêter

J’ai pris de nouvelles habitudes : méditation, lecture, balades au grand air. J’ai renoué avec la cuisine et la passion d’apprendre. J’ai transformé les « je dois » en « j’ai envie ».
Deux ou trois jours à ce nouveau rythme, et la culpabilité est arrivée au grand galop. Voir tous les projets s’emballer sur Linkedin, les efforts affluer de toutes parts, voir cette boulimie d’actions a réveillé toute cette part de moi qui estime qu’être entrepreneur, être courageux, c’est se tuer à la tâche.

Et pour une fois, j’ai pris le thé avec ma culpabilité. On s’est installées confortablement, elle et moi, et on a papoté. Des années qu’on repoussait cette discussion. Mais voilà, là, on avait le temps. Elle a accepté qu’on se voie moins souvent, j’ai accepté de l’écouter lorsqu’elle vient frapper à ma porte. On s’est quittées bonnes copines.

Et au final…

J’ai arrêté de vouloir réussir mon confinement. Arrêté d’angoisser à l’idée du retour « à la normale », pris conscience qu’il ne tenait qu’à moi de construire une réalité quotidienne différente.
Alors tout n’est pas parfait, je suis encore en chemin et la route en travaux, mais je sens déjà que les lignes bougent. Et je n’ai plus peur.

Je n’ai pas raté mon confinement, j’ai atteint mon but.

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